De l’enjeu socio-économique de la protection de l’environnement

L’organisation sociale des êtres humains a modifié l’environnement à un certain point qu’il est possible de parler d’Anthropocène. Cette organisation sociale a débouché sur un système économique défavorable pour l’environnement. Dans ce texte, nous allons chercher les origines de la pollution d’origine humaine et voir comment son organisation socio-économique a exacerbé ce phénomène.

 

Les origines de la pollution anthropique

La question revient à demander à quel moment placer le début de l’Anthropocène. La tendance aujourd’hui serait de la placer au début du XIXème siècle, à savoir au début de l’ère industrielle où commencent les émissions massives de gaz à effet de serre. Pourtant d’autres spécialistes envisagent une autre alternative : l’apparition de l’Homme moderne sur la planète. La maîtrise du feu serait à l’origine de la modification de l’environnement – ce qui nous entoure. Aussi, l’Homme moderne semble être le facteur déterminant de la cinquième extinction de masse à cause de la modification de l’environnement pour son propre compte, notamment par l’usage du sol ainsi que la monoculture et la perte en biodiversité, datant de la fin du Pléistocène. La déforestation, la monoculture ont un impact sur les émissions de CO2 car les sols s’érodent et libèrent ce gaz à effet de serre. Ce phénomène s’accentue alors que les grandes civilisations s’émancipent (la Grèce, la Mésopotamie, Rome, la Chine, etc.)

Cependant, il est vrai que la révolution industrielle a fait exploser les émissions de gaz à effet de serre par la métallurgie, l’agriculture et par les nouvelles sources d’énergie (le charbon notamment). La population a augmenté de manière significative.

 

Le capitalisme et les politiques néolibérales pointés du doigt

C’est par le fait que la nature doit servir les intérêts des êtres humains que les philosophes de la pensée écologique pointent du doigt le système néolibéral et sa pratique, le capitalisme. Déjà avant l’heure, Jean-Jacques Rousseau dénonce ce système.

L’asservissement de la nature par l’humain se fait par l’accaparement des biens qui est un droit naturel pour John Locke et, plus tard pour les penseurs libéraux du XIXème siècle. Pour faire court, Locke pense que la propriété est un droit naturel et qu’il est justifié par le travail humain. Ainsi, la terre cultivée peut être protégée individuellement par l’accaparement et la propriété. Cela semble être le début d’une pensée anthropocentrée où la nature est assujettie par les êtres humains de manière massive. Cette pensée a été très influente pour la conquête de l’Ouest au États-Unis d’Amérique et a justifié les massacres d’amérindiens et la destruction de la nature. De nos jours, cette pensée subsiste pour le grand capital, par exemple. On pense au projet EACOP de Total Energies qui s’accapare des territoires en Ouganda pour extraire du pétrole, extraction qui est leur travail.

Aujourd’hui, les philosophes de la pensée écologique prônent une pensée biocentrée ou écocentrée qui y inclut la morale : les plantes et les animaux non humains sont avec les êtres humains au centre du cadre de considération morale. De cette manière, le travail ne justifie plus la propriété de l’environnement car dés lors que nous posons ce cadre moral (qui doit devenir un cadre législatif dans nos démocraties) les plantes et les animaux ont des droits sur ce qui peut être fait de manière éthique (on pense aux OGM, à la manipulation génétique plus largement et au bien-être animal).

 

La mondialisation

La mondialisation est la conséquence du libéralisme. D’une interdépendance économique pour Joseph Stiglitz, elle est devenue une explosion du capitalisme pour Fernand Braudel. Prôné par les Etats-Unis d’Amérique, la mondialisation a permis la libre circulation des marchandises, des capitaux et de la culture. Se voulant inclusive pour les pays du Sud, elle n’a été favorable qu’aux pays riches au détriment de ceux-ci et au prix d’une pollution par les transports maritimes, aériens et par la route. De plus, injuste dans sa pratique, la mondialisation a rendu dépendant les pays pauvres envers les pays riches par les extractions de minerais transférés pour la production des pays riches uniques bénéficiaires car ceux-ci revendent au prix forts les produits manufacturés aux pays pauvres. La mondialisation favorise donc les flux entre les pays riches.

 

Discussion

L’aspect socio-économique est un levier pour la lutte contre le réchauffement climatique. Nous avons vu que dans cet aspect, il y a l’humain lui-même, à savoir son évolution, et, dans son organisation sociale depuis le XIXème siècle, le système libéral et le capitalisme. La conséquence de cette organisation est la mondialisation qui a fait exploser les émissions de gaz a effet de serre par l’extraction de matières premières, le transport de ces matières et la production de biens. Les services aussi sont polluants car nécessitent des infrastructures de plus en plus sophistiqués et finalement, il faut de la production de biens pour pouvoir produire un service.

Dater l’Anthropocène reste un débat pour les spécialistes de l’environnement mais il faut savoir qu’il y a deux principales périodes : l’arrivée de l’Homme moderne ou la Révolution industrielle. Dans ce texte nous privilégions l’arrivée de l’Homme moderne car, dans un moindre mesure, il a dès lors modifié son environnement par le feu, le bronze, l’agriculture et l’érosion. Les civilisations et l’augmentation de la population sont la conséquence de ces maîtrises. Les émissions de gaz à effet de serre sont les conséquences des civilisations et de l’augmentation de la population car plus de besoins sont nécessaires à la survie de l’Homme.

Par ailleurs, en ce qui concerne le capitalisme, nous n’avons parlé que de la propriété. En effet il s’agit du socle sur lequel l’entreprise se veut prédatrice de l’environnement. Nous n’avons pas parlé de la croissance et ce que nous allons faire maintenant car c’est le moteur de l’économie selon les libéraux. Que le détenteur du capital soit une entreprise du domaine secondaire ou du domaine tertiaire, la croissance augmente la pollution car l’entreprise mobilise de plus en plus de ressources naturelles (pour extraire ou pour produire de l’énergie pour ses services). Dans une économie linéaire, la production d’énergie génère des déchets ou des externalités que ne prends pas en compte l’entreprise capitaliste. On pense dont aux émissions de gaz à effet de serre, aux extractions de matières premières ou aux déperditions de chaleur. C’est un peu l’ironie du capitalisme que les déchets ne soient pas assumés par les entreprises propriétaires car finalement ils leurs appartiennent, mais telle est l’économie linéaire ! La mondialisation a accentué le phénomène d’externalités car à l’inverse, l’océan et l’air ne sont la propriété d’aucun être humain. Ici, nous avons à faire à de l’anthropocentrisme car les milieux maritimes du grand large sont peuplés d’espèces et nous y rejetons nos déchets.

 

 Conclusion

Dans ce texte, nous avons tenté de montrer que les aspects socio-économiques sont le principal problème face au réchauffement climatique. Mais ils peuvent être aussi la solution si nous changeons nos comportements. Ce discours a cependant été ressassé beaucoup de fois mais il n’y a pas de solutions qui n’existent pas. Il faut faire l’inverse de ce qui a été fait jusqu’à lors : décroître. Si de toute façon l’empreinte des être humains est indélébile sur la Terre vu le réchauffement climatique et la pollution, disparaître n’est pas non plus la solution pour nous… Dans le cas extrême, il faudrait vivre en harmonie avec la nature, sans revenir en arrière, mais vivre avec et non à son encontre comme l’a voulu le système libéral. Nous avons parlé de bio- et d’écocentrisme et cela serait le modèle idéal, pour le moment, pour rétablir une vie harmonieuse avec la nature.