Biodiversité



Diversité biologique, comptabilisation des espèces vivantes sur la planète, depuis les années 1970-1980 les sciences de l’écologie et de l’évolution voient apparaître une discipline nouvelle : la biologie de la conservation. C’est une science engagée sur fond de disparition des espèces, recensement et prévention de catastrophes naturelles. « Biodiversity » est créée pour permettre de concevoir la nature autrement : la disparition fulgurante de la vie sur Terre, et elle est devenue un point focal pour les environnementalistes, selon David Takacs. Alors que l’humanité est responsable de la disparition des espèces, est-il moral de dire qu’elle compte ? sous-entendu pour l’humanité

La biodiversité est le tissu de la vie sur Terre. Elle est issue du processus décrit dans L’Origine des espèces, à savoir la lutte pour l’existence, qui décrit les stratégies d’interactions entre les espèces pour la survie, et la descendance avec modification qui étudie les modifications génétiques et phénotypiques des espèces dans un environnement donnée à travers une descendance. Autrement dit, les espèces sont en interaction à la fois avec leur environnement et avec elles-mêmes. Il est possible de mettre en lien la biodiversité avec le terme d’écosystème qui comprend le biotope et la biocénose. Les conditions physico-chimiques du non-vivant forment le socle du vivant qui le modifie à son tour. Les espèces ne sont pas immuables et évoluent au cours du temps et de l’espace. Elles s’adaptent et en créent de nouvelles par ce processus.

Là ou biodiversité apparaît, celle-ci se dégrade et disparaît sous la pression anthropique. Les espèces n’ont pas le temps de s’adapter. Extraction des ressources, modification des conditions physico-chimiques rapides de la planète, certains questionnent la place de l’humanité sur la Terre. Ce questionnement soulève divers points : L’humain est-il vraiment un facteur de changement de ces conditions physico-chimiques ? et depuis quand le fait-il ? Ensuite, est-ce que l’anthropocentrisme est-il moralement acceptable alors que l’humain est responsable de la disparition des espèces ? et s’il faut conserver la nature, est-ce que ce serait pour son propre compte ?

D’après le dernier rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le réchauffement climatique est dû à 95% aux émissions carbonées engendrées par les êtres humains. Par ailleurs, certains spécialistes du climat, géologues, environnementalistes parlent d’anthropocène, à savoir l’ère géologique pour lequel l’être humain façonne son environnement. Là où les spécialistes divergent, c’est sur son commencement. Si la création de la machine à vapeur et les inventions qui en résultent forme un point de départ de l’ère, d’autres pensent que ce serait la « grande accélération » d’après-guerre qui ferait foi. Pour d’autres encore, et plus marginalement, la généralisation de l’agriculture serait une approche quant aux origines de l’anthropocène.

D’après la pensée écocentriste, il s’agit de dézoomer du point de vue sur l’humanité vers une focale plus large de la communauté biotique à laquelle elle appartient. La charge morale ne se concentre alors plus sur le bien-être de l’homme mais sur les interactions écosystémiques entre les espèces vivantes (animaux humains, non humains, végétation) et le biotope. La question est donc vite répondue : d’après ce courant de pensée, l’anthropocentrisme de la conservation de la nature pour l’être humain n’est pas moral car elle présuppose que la nature doit être l’objet de son bien-être et n’englobe pas les autres espèces dans son champ de considération morale.

Dire que la biodiversité compte pour l’humanité, c’est de mettre l’humanité au centre des préoccupations de la communauté biotique à laquelle elle appartient. Cette vision, hormis du point de vue de la pensée écocentriste, n’est pas morale car elle place le bien-être de l’humanité au détriment de celui des autres espèces ainsi que de leur sauvegarde. Il ne faut pas oublier que l’humanité, bien qu’elle ait construit des villes et des champs, est dépendante des interactions biotiques qui se déroulent dans la nature, pour ne pas dire sur la planète Terre.

La protection de l’environnement est-elle une affaire de jeunes riches ?

Les années 1960 et 1970 ont été fertiles dans pour la pensée écologique. Seulement, on ne dénombre que des auteur-e-s issus des pays riches. En effet, ces années concluent ce que l’on appelle les trente glorieuses, un période de forte croissance économique dans ces pays. Typiquement, le rapport Meadows du Club de Rome paraît en 1972 et alerte l’impossibilité d’une croissance économique infinie. Aujourd’hui, en 2021, la croissance est un concept loin d’avoir disparu, en particulier alors que les États-Unis d’Amérique (USA) et la Chine sont en pleine guerre d’influence et de pouvoir sur la planète.

Par ailleurs, s’il est vrai que les médias mainstream des pays riches montrent des images des inondations en Allemagne et en Belgique, deux pays riches, ainsi que de forts refroidissement au Texas, l’État le plus peuplé des USA, ils nous feraient presque oublier que les catastrophes naturelles les plus dramatiques ont lieu dans la zone intertropicale de la planète Terre, zone où se trouvent les pays les plus pauvres économiquement : sécheresses infernales dans la corne de l’Afrique, Tornades dévastatrices en Amérique centrale et dans les Caraïbes, pluies diluviennes en Asie du Sud-Est. Bien que cela ait été plus de cent fois ressassé, ces catastrophes, autant dans les zones des pays riches que celles des pays qui le sont moins, on tendance à augmenter en intensité et en fréquence, dû au réchauffement climatique engendré par, il faut le dire, les pays riches.

Faire culpabiliser les pays en développement de vouloir copier le modèle occidental n’est cependant pas la chose à faire même s’il semble être attractif : on le voit à Cuba où la population est lasse du socialisme d’État et du manque de leadership de Díaz-Canel. En effet, les Cubains semblent vouloir goûter à l’individualisme tout-puissant de leur ennemi d’État, les USA, du moins c’est ce que nous disent les émigrés qui votent en faveur de Donald Trump : « Nous on sait ce que c’est le socialisme, on n’en veut pas », disait un Cubain émigré à France Télévision lors des dernières élections présidentielles américaines.

L’individualisme libéral est-il le facteur déterminent du réchauffement climatique ? Paradoxalement, c’est difficile à dire même si le système libéral celui qui domine dans les pays les plus pollueurs de la planète, du moins pendant les trente glorieuses. Pour les régimes de gauche, nous en avons aucune idée. Mais il est vrai que le « capitalisme social », ou « capitalisme d’État », ou dieu sait comment on veut appeler le système politique chinois, n’en est pas moins un puissant pollueur (second mondial).

Le libéralisme, prôné par les USA, débouche sur la mondialisation, comme nous la connaissons aujourd’hui et les échanges de marchandises, de personnes et de capitaux ont explosé dans les années 1960 (même si la fin de la seconde guerre mondiales est une date clé). Les moyens de transports se sont améliorés mais la pollution a augmenté avec ces échanges mondiaux. Mais la mondialisation, dans sa volonté d’intégrer tous les pays dans le « système-monde », a aussi créé des inégalités, de l’exploitation et des injustices.

Aujourd’hui, les jeunes scandent des slogans contre les boomers et le capitalisme libéral dont ces derniers ont profité. Ils avaient minimum 20 ans pendant les trente glorieuses et ont participé aux débuts de la surconsommation. Les jeunes générations d’aujourd’hui leur reprochent d’avoir été complices de cette surconsommation. De plus, l’économie libérale, qui suit le marché, n’arrange pas les choses car elle suit les « besoins » de la demande, donc la consommation de masse, telle que la décrit celle-ci. Paradoxalement, les jeunes générations d’aujourd’hui sont très connectées par des moyens créés par des entreprises capitalistes, mais elles s’en servent pour lutter contre le système financier (banques, fonds d’investissements, gestionnaires d’actifs, etc.) qui investit dans les énergies fossiles.

Ce que montrent aussi les médias mainstream c’est que ces jeunes sont issus des pays riches. Mais d’autres sources comme Nature, qui reproche à Greta Thunberg de demander aux politiciens d’« écouter la science », affirment que les manifestations de jeunes proviennent de plus de 106 pays, dont des pays en développement.

Qui sont ces jeunes ? Ils sont majoritairement issus du secondaire II et ont terminé l’école obligatoire, donc ont entre 15 et 19-20 ans. Il se trouve que les trois quarts ou trois cinquièmes sont mineurs et ne peuvent pas voter. Ils vivent toujours chez leurs parents et veulent consommer moins de viande par exemple, ce qui leur impose un nouveau régime alimentaire dont ces derniers n’ont pas l’habitude. Comme dit auparavant, le capitalisme libéral est une cause de leurs descentes dans la rue car son système productif ne prend pas en compte la nature et n’internalise pas ses externalités négatives. Son modèle économique est linéaire.

Au-delà des causes économiques et financières, c’est une vraie écologie qu’il faut mettre en place et en finir avec les demi-mesures qui ne sont pas tenues. En effet, aucun état n’a réussi à baisser ses émissions de gaz à effet de serre et on se permet de parler de crédits carbone. Ce système financier n’est qu’une excuse pour payer le prix de sa pollution. Il ne s’agit pas d’internaliser les coûts mais de justifier un politique de pollution sous l’excuse d’un prix sur les émissions carbone ! Plus généralement, la finance durable ne représente que du greenwashing car finalement, la pollution est bien existante et elle augmente malgré la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. C’est comme les fast-foods qui se préoccupent d’environnement alors qu’en réalité ils sont complices des pires atrocités faites à l’environnement et aux animaux dans leurs démarches globales.

Mais avant de faire de la vraie écologie, quel est le constat ? Dans les pays riches, sociétés de services, la population s’est positionnée tellement loin dans la chaîne de production. Qu’entends-je par là ? C’est que le souci de savoir ce que nous consommons et comment le bien ou le service a été produit est tellement éloigné de notre réalité. Nous nous positionnons de manière très éloignée d’un produit brut. Ce n’est pas nous qui fabriquons un vêtement, ni nous qui cultivons nos légumes. Avec cette distance, il est tellement facile de se disculper de toute maltraitance animale ou humaine. Peut-être est-ce la faute de la mondialisation ? Peut-être est-ce la faute du libéralisme ?

Donc il semble bien que l’écologie soit directement ou indirectement une prise de conscience que les supply chains soient devenues tellement opaques et tellement grandes « en largeur » mais aussi en « longueur » et qu’elles ont été tellement dévastatrices environnementalement et socialement que le jeunes ne veulent plus de ce modèle. Même si ramasser du plastique par terre et manger moins de viande est dérisoire, la logique y est. Le plastique, symbole de la surconsommation et produit issu du pétrole, transformé dans une chaîne de valeur (et d’approvisionnement) mondiale est un élément à abolir. Manger moins de viande prend aussi tout sa logique car elle est aussi issue non seulement de la souffrance animale (même si le bio assure le contraire) mais aussi de la transformation dans une chaîne logistique, ce qui en plus dénature l’être vivant sensible à celui de marchandise.

Enfin, l’écologie n’est pas une religion et on ne prêche pas la foi « écologie ». Ce n’est pas « bienvenu-e au club » non plus et il ne s’agit pas d’une mode. L’engagement à l’écologie peut être une pensée personnelle mais le point commun est le respect non seulement de l’humanité mais aussi celui des animaux et de la nature. Au fond, qu’est-ce qui permet de dire que les humains sont supérieurs aux autres espèces ? Maintenant que nous connaissons l’éthologie des espèces animales en populations ou en communautés biologiques, il se trouve que certaines sont en tout cas aussi complexes, voire plus complexes que les nôtres mais aussi plus respectueuses de leur environnement que les humains ne le sont.

Ce qui se passe dans les pays riches a un impact planétaire et les jeunes l’ont compris. Donc certainement l’écologie est une affaire de jeunes riches car les causes viennent des vieux riches, comme nous l’avons sous-entendu dans ce texte. Il faut donc réparer la folie libérale : il faut réduire les supply chains en quantité et en longueur, il faut être plus économe et désinvestir les énergies fossiles. Mais surtout il faut repenser notre cadre de considération moral et notre positionnement dans la biosphère car, au final, il s’agit d’une question de respect d’autrui (humain, animal et végétal). 

À quoi sert une vache ?

 


C’est en vrai ce qu’a entendu l’auteur de ce texte dans le restaurant près de son collège pendant le diner (déjeuner). Cependant la question soulève pour lui deux points essentiels sur comment et dans quel contexte la question est formulée. Premièrement, au-delà de connaître la possibilité de l’(in)utilité (respectivement, du point de vue de la personne qui pose la question) d’une espèce dans l’environnement et quels bénéfices cette espèce est susceptible d’apporter à un écosystème, le premier point traite de l’éthique animale : est-il légitime de tuer des animaux non humains pour le bénéfice des êtres humains ? Le deuxième point porte sur le bien-être animal : comment le définit-on ? Dans le contexte de l’exploitation animale, nous allons aussi digresser sur ce qu’est le spécisme.

 

L’éthique animale

Qu’on soit d’accord avec Peter Singer ou pas sur sa position vis-à-vis de McDonald’s, celui-ci a influencé les mouvements pour la protection des animaux non humains. Dans son œuvre La libération animale (animal liberation), Singer « argumente spécifiquement contre l’élevage industriel et l’expérimentation animale ». Sa thèse est soutenue par le concept d’utilitarisme qui propose de juger les actions humaines en fonction de leurs conséquences. Pour un individu, si une action lui procure le maximum de plaisir il faut la retenir. Pour une société humaine, si le plaisir maximal pour un maximum de personnes est atteint, il faut retenir l’action. Pour Singer, alors que de la nourriture peut remplacer adéquatement la viande, « les plaisirs du palais ne peuvent l’emporter (outweigh) sur la souffrance infligée aux animaux par des procédures standard d’élevage ». Sur l’expérimentation animale, celui-ci écrit qu’une expérience sur un animal ne pourrait maximiser l’utilité que « si nous étions prêts à la réaliser sur un orphelin humain d’un âge mental similaire à celui de l’animal ». Notre empressement à utiliser les animaux non humains provient généralement du spécisme, la discrimination arbitraire due à l’appartenance à une espèce animale, terme popularisé par Singer dans son œuvre. Son lien avec l’utilitarisme repose sur la croyance de l’espèce humaine à croire que ses intérêts prévalent sur ceux des autres espèces. Le spécisme est une discrimination telle que le sont le racisme et le sexisme. Qu’adviendrait-il alors si les animaux étaient élevés en plein air ? Il se trouve que certains animaux, comme notre vache, ont des préférences concernant leur avenir. En vrai, il en va de même des poissons et des oiseaux. Le leur supprimer reviendrait à laisser un débit sur un « livre des comptes » moral, comme l’exprime Singer, qui serait absolument supérieur à notre abstinence à manger des produits carnés. Il est donc condamnable de tuer ces animaux juste pour le plaisir de les manger.

Une autre piste de l’éthique animale passe par de droit des animaux non humains. Commençons par le concept de déontologisme. Le déontologisme est la théorie qui propose que chaque acte moral doive être jugé en fonction de sa conformité par rapport à une règle, une valeur, croyance, etc. Il s’oppose au conséquentialisme de l’utilitarisme proposé par Jeremy Bentham et utilisé (!) par Singer. Selon cette théorie, des valeurs centrales comme la valeur inhérente doivent prévaloir sur ce qui est « bon », même si ce « bon » n’a pas d’utilité. Dans cette optique déontologique, les théoriciens du droit exprimeront ce qui est bien ou mal en termes de droits moraux. Tom Regan se pose la question de savoir si « le génie et l’enfant handicapé mental, le riche et le pauvre, le neurochirurgien et le marchand de fruit, Mère Teresa et le vendeur de voitures d’occasion le moins scrupuleux ont tous une [égale] valeur inhérente ». Il répond que tous sont sujets-de-leur-vie, tous ont une expérience favorable ou non, des intérêts, des croyances sur leur environnement. Ils ont un « soi », une unité psychophysique qui évolue dans le temps. Est-ce que les animaux non humains peuvent-ils être décrits de la même façon ? Regan répond que oui pour les mammifères et les oiseaux, et le bénéfice du doute doit être accordé aux poissons. Si être sujet-d’une-vie est porteur d’une valeur inhérente, alors il en va de même pour les animaux non humains. Leur respect passe alors par la reconnaissance du droit fort, typiquement le droit fondamental à ne pas être utilisé comme un simple moyen par l’humanité. Ceci implique une abolition de leur exploitation, y compris la production de lait ou d’œufs. En effet, les poules et les vaches sont tuées lorsque leur rendement baisse, les poussins sont broyés vivants, les veaux séparés de leur mère à la naissance et les veaux mâles engraissée pour la boucherie. Regan a souvent subi des attaques contre ses idées. Par exemple, les personnes faisant objection à cela arguent que les droits ne peuvent être accessible qu’à des êtres capables de réciprocité morale, de réclamer leurs droits, de contracter ou d’être dignes de la pensée rationnelle. Ce que répond Regan est que ces droits peuvent tout-à-fait être accessible à ces êtres et que ceux-ci « peuvent demander » à des représentants légaux de les leur faire valoir (pensez à des enfants en bas âge).

Nous avons parlé du spécisme, revenons-en et formulons des critiques et des éléments de solutions. Nous avons parlé de Singer qui dénonce le spécisme sous un angle utilitariste. Nous avons aussi vu que Regan, déontologiste, souhaite refondre le droit sur le sujet-d’une-vie. Singer n’est pas abolitioniste tandis que Regan l’est, en ce qui concerne l’expérimentation animale. Mais au-delà de ces oppositions, il s’agit en fait de reconsidérer l’éthique et la politique pour inclure les animaux non humains dans la sphère de notre considération morale. Cette réhabilitation est aussi l’occasion de refondre les catégories morales et juridiques par lesquelles les humains se sont considérés, à savoir le chauvinisme humaniste et l’anthropocentrisme. Sous cet angle d’attaque, il ne s’agit en fait pas de porter un jugement sur le statut moral des animaux non humains mais de savoir quelle relation les humains entretiennent avec les animaux dans le même monde dans un cadre de justice. Par ailleurs, connaissant les normes éthologiques des animaux, il ne nous est conséquemment pas possible d’user d’eux comme bon nous semble et typiquement, l’élevage est inacceptable car il augmente la frustration de vie des animaux par le fait qu’elle soit diminuée par notre faute et ceci est injustifiable. Cependant, au lieu de critiquer les philosophes anthropocentristes comme étant les responsables des violences infligées aux animaux, il serait plus juste de reconnaitre que les souffrances de ces êtres sensibles sont dues à l’industrialisation naissante au XIXème siècle et répandue au XXème siècle qui encourage la productivité et le profit au détriment du bien-être des animaux humains et non humains. Une « justice plus juste » serait d’inclure les animaux non humains et de définir leurs droits négatifs, à savoir, penser leur inviolabilité afin de les soustraire aux traitements les plus barbares, du moins pour une majorité d’êtres humains. Enfin, il ne s’agit pas de rester dans une optique de libertés individuelles mais de prendre en compte les animaux humains et non humains dans un optique de commun. En effet, il s’agit d’intégrer les animaux non humains dans le but de les protéger ainsi que de protéger la biosphère, mais cela exige, pour Enrique Utria, un nouveau contrat social.

 

Le bien-être animal

C’est suite à l’observation des d’animaux de rente que des articles scientifiques touchant au bien-être animal ont étudié et mis sur le devant de la scène les anomalies de conditions de vie de ces animaux. En effet, il est apparu que le bien-être animal n’était pas considéré dans l’élevage intensif ou « industriel » - séparation du petit de sa mère, castration (parfois à vif), gavage, enfermement dans des bâtiments obscurs, détention en cage, etc. générant stress, blessures, maladies et ennui – et qu’il ne le sera jamais.

Le bien-être peut se définir comme un était ou l’on se sent bien. Or c’est cet état qui manque dans les industries d’élevage, les animaleries de laboratoire, des zoos et des cirques. Typiquement, si tout déplacement est impossible, que dire de la promiscuité subie par les poulets de chair en bâtiment, poules pondeuses et lapins en batteries de cages, truies à l’attache, palmipèdes dans les boîtes de gavages ?

 

Conclusion

Dans ce texte, nous ne l’avons peut-être pas exprimé clairement mais nous avons fait le lien entre l’anthropocentrisme, qui juge que l’humain est au centre des priorités de la biosphère, et le spécisme. En effet, les besoins des êtres humains prévaleraient sur ceux des animaux non humains. Nous avons vu deux courants de la pensée de l’éthique animale : l’utilitarisme et le déontologisme. Dans ce texte, nous pensons que ces deux courants de pensée sont bons à prendre bien que nous penchions plus sur l’aspect abolitioniste car les animaux non humains ne doivent pas être utilisés à des fins anthropocentristes et le spécisme n’a pas sa place. Nous croyons aussi que les animaux non humains doivent être pris en considération dans la sphère de considération morale. Les opposants poseront peut-être la question de comment reconnaître les besoins des animaux non humains, ce à quoi il est possible de répondre que connaissant les normes éthologiques de ces animaux il n’est donc pas acceptable de diminuer leurs conditions de vie, comme pour notre vache. Enfin, le bien-être animal s’en suit car s’il n’est pas permis moralement (et quelque part, légalement) de dégrader les conditions de vie des animaux non humains, la reconnaissance de leurs droits passe aussi par celle de leur bien-être. Pour terminer, il existe encore d’autres courants de pensées comme le pathocentrisme qui définit une communauté par la reconnaissance de leur possibilité à ressentir de la douleur.

 

Pour aller plus loin :

Enrique Utria, « Ethique et animale », Dictionnaire de la pensée écologique

Florence Burgat, « Bien-être animal », Dictionnaire de la pensée écologique

Valéry Giroux et Renan Larue, « Pathocentrisme », Dictionnaire de la pensée écologique

Podcast : Delphine Saltel, Peut-on cuisiner des animaux morts ?, disponible sur : https://www.arteradio.com/son/61665194/peut_on_cuisiner_des_animaux_morts

Youtube: Politikon, Could animals be citizens, disponible sur: https://www.youtube.com/watch?v=3xqHhJ2qv_8 

Notes sur la justice sociale liée à la crise environnementale (1)



Pauvreté et précarité

La pauvreté et la précarité sont des problèmes de société. Les sociologues mais aussi les économistes et les géographes s’y intéressent et les étudient, les uns sous une approche monétaire, les autres sous une approche spatiale. Lorsque l’on parle de pauvreté et de précarité on sous-entend un effort d’inclusion et d’insertion dans la société ou dans le système-monde (voir Mondialisation, la planète comme un « système-monde »). Les politiques en font des thèmes de leurs campagnes et les tenant de l’altermondialisme tentent de lutter contre afin de construire un monde plus égalitaire ou équitable. En effet, la pauvreté et la précarité sont des phénomènes très répandus dans le monde et concernent avant tout les pays en développement où elles sont des critères indicatifs. Pour certains pays, on peut parler de pauvreté absolue tant elle s’exprime par des manques fondamentaux (faim, malnutrition chronique, santé, logement, etc.)

Mais la pauvreté est aussi bien réelle dans les pays riches et industrialisés et se caractérise par un manque d’éléments de bien-être matériel comme l’eau courante, la qualité de la nourriture, l’accès aux vacances, etc. Dans ce contexte, il est possible d’évaluer la pauvreté en fixant un seuil de pauvreté qui est calculé en référence au prix des denrées principales de consommation. Le chômage de longue durée (de plus de 12 mois) en fait aussi un indicateur de pauvreté.

Généralement, la pauvreté peut se mesurer par rapport à la distribution des richesses dans une population. On utilise pour cela l’indice de Gini qui offre une mesure allant de 0 à 1, 0 étant l’égalité parfaite et 1 l’inégalité parfaite. Par exemple, il semble que de nombreux pays d’Amérique Latine soient très inégalitaires avec des indices supérieurs à 0.6. Par ailleurs, dans les pays riches, on peut parler de Quart-monde, c’est-à-dire la fraction de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. On a aussi les nouveaux pauvres, les personnes qui se retrouvent dans de nouvelles situations qui les ont poussés dans la pauvreté (rupture conjugale, jeunes n’ayant pas trouvé de travail, licenciement, etc.)

 

Justice environnementale

Au niveau global, les sommets mondiaux qui se succèdent depuis celui de Rio en 1992 cherchent à établir une juste répartition des tâches permettant de faire face à la dégradation de l’environnement. On adopte le principe de « responsabilité commune mais différenciée ». Après les écrits de Rawls, les théories libérales ont servi de référence en matière de distribution des biens environnementaux. Cela a donné une littérature spécialisée très savante mais, au final, elles se sont trouvées très décevantes, notamment dans les responsabilités quant aux changements climatiques.

Cela montre la faiblesse du modèle de justice distributive. Une justice distributive implique que l’environnement doit être privatisé et que l’on possède un « bien » environnemental, ce qui semble être difficilement être le cas. Par exemple, les personnes comme Michael Sandell considère que l’argent ne peut pas tout acheter. Les échanges de permis d’émissions de CO2 est contre-indicatif pour un respect de l’environnement. Dès lors, il ne convient pas de traiter l’environnement comme une denrée marchande mais comme un « bien commun » (voir les limites de la propriété).

Mettre les inégalités sociales au cœur de la problématique environnementale semble alors tout à fait raisonnable. La pauvreté est un facteur important dans la dégradation de l’environnement. Aussi, il semblerait que plus les inégalités sociales sont profondes, plus il serait difficile de faire front commun. Inversement, l’aggravation de la crise environnementale ne fait que renforcer les inégalités sociales. Les populations plus précaires sont à la fois plus vulnérables et moins résilientes aux problèmes environnementaux. Pour Dale Jamieson, « les pauvres souffrent de façon disproportionnée de la pollution environnementale produite par la société dans son ensemble ».

 

Inégalités environnementales

Les mouvements de justice environnementale ont mis en évidence l’exposition accrue de certains groupes sociaux les plus fragilisés, des minorités ethniques, de populations pauvres aux risques environnementaux ou d’externalités environnementales négatives produites par des entreprises. Ils ont aussi remarqué un faible investissement des autorités politiques et administratives dans certains territoires, ce qui a pour conséquences des conditions de vies dégradées et des difficultés d’insertion économiques pour ces populations. En plus de cela, ces mobilisations établissent une juxtaposition de ces deux faits, ce qui contribue à la dégradation des conditions de vie des populations précaires. Il s’ensuit que la lutte contre les inégalités environnementales s’articule avec d’autres formes de revendications sociales ce qui en fait un critère de lutte pour la justice sociale.

Progressivement, on va s’apercevoir que les inégalités sociales sont une conséquence à proprement dite des inégalités environnementales. Typiquement, une situation sanitaire dégradée peut être la conséquence d’une situation de dégradation de l’environnement dans lequel se trouve la personne. Il s’ensuit que les conditions sociales et environnementales non seulement se juxtaposent mais elles se cumulent et se renforcent mutuellement.

Avec la mondialisation (voir Mondialisation, la planète comme un « système-monde »), les limites environnementales (dérèglement climatique, extinction de la biodiversité, finitude des ressources naturelles non-renouvelables, etc.) portent sur des interactions plus complexes qu’entre ce qui est social et environnemental. Il n’est alors plus possible de parler d’inégalités environnementales mais on plaide de plus en plus pour la notion d’inégalité écologique. Ici, les acteurs et les activités sociales et économiques sont à la fois victimes et responsables des dégradations environnementales. On notera cependant que les populations les plus exposées aux risques environnementaux sont celles qui y contribuent le moins. 


Pour voir plus loin:

- Beaud Pascal, Bourgeat Serge, Bras Catherine, Exclusion, intégration, insertion

- Larrère Catherine, Justice environnementale, Dictionnaire de la pensée écologique

- Lejeune Caroline, Inégalités environnementales (point de vue 1), Dictionnaire de la pensée écologique

Mondialisation, la planète comme un "système-monde"



En français, on ne sait pas s’il faut dire mondialisation ou globalisation. Pourtant, globalisation ou globalization est le terme anglais qui se traduit par mondialisation. Globalization est cependant un mot plus général pour parler d’un phénomène qui touche l’ensemble du globe, comme la question de l’environnement. Mais, en français, on peut l’utiliser pour parler des aspects financiers de la mondialisation. Ici, nous allons utiliser le terme de mondialisation pour parler des aspects globaux qui traitent de la planète comme un tout.

La mondialisation peut se définir comme un processus reliant les territoires pour former un « système-monde », c’est-à-dire, un seul monde considéré comme un système, un tout cohérent. En d’autres termes, il s’agit de tous les phénomènes, ou de l’ensemble des phénomènes convergents et successifs qui ont pour but la liaison entre les territoires du monde. Cette liaison est sensée former un ensemble logique répondant à des mêmes lois à l’échelle globale.

Le sens du terme « mondialisation » à aussi évolué dans le temps. Jusqu’au années 1980, il a un sens très général du fait du terme de global village, ou village global, ou village planétaire, par le sociologue canadien Marshall Mac Luhan qui a vu une uniformisation des cultures du fait du rôle des médias. Dès l’année 1983, suite à la parution d’un article de Théodore Levitt, « The globalization of markets », le terme prend un sens plus économique. De nos jours, on trouve différentes définitions de la mondialisation en fonction des champs d’études des spécialistes. Par exemple, les économistes comme Joseph Stiglitz insistent sur l’interdépendance des économies dans le monde. Les historiens parlent de mondialisation en termes de temporalité : un processus d’extension du système capitaliste dans l’espace mondial, pour Fernand Braudel. Malgré les différentes définitions de la mondialisation, aujourd’hui nous l’acceptons non pas sous des traits purement économiques, mais aussi sociaux, culturels et politiques.

 

Échanges internationaux

Ici, on parle de la mondialisation des échanges. Les échanges deviennent mondiaux depuis la Seconde Guerre mondiale. La croissance des échanges est plus rapide que la croissance démographique et que la croissance du PIB mondial. Cette croissance est due aux progrès qui se sont faits dans les transports, notamment celle des bateaux, et les télécommunications depuis les années 1960. Pour les transports, des économies d’échelles sont réalisées grâce à l’augmentation de leur capacité mais aussi grâce à leur spécialisation (pétroliers, minéraliers, vraquiers, etc.) Aussi, les conteneurs et l’uniformisation des ceux-ci permet l’intermodalité, ou la possibilité de transférer les conteneurs d’un mode de transport à un autre. Les progrès dans les transports maritimes sont capitaux car ils assurent les trois quarts des transports de marchandises en poids et deux tiers en valeur.

La mondialisation des échanges est le résultat de la libéralisation des échanges à l’échelle mondiale. Cette libéralisation est possible parce que les États-Unis prônent le libre-échange (cf. Libre-échange, écologie et consommation locale), fondement du libéralisme. C’est à leur initiative qu’est créé l’accord du GATT (General Agreement on Tariffs and Trades) dont le but est de baisser les barrières douanières, par la réduction de tarifs douaniers, l’élimination des contingentements à l’importation et la généralisation de la clause de la nation la plus favorisée ; et enfin, ne soumettre à aucune restriction le commerce mondial. A la suite de certains Rounds, des grandes négociations internationales, notamment le Tokyo Round et l’Uruguay Round, on aboutit à la création de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Bien que la tendance générale soit au libre-échange, le protectionnisme existe et est accentué en période de crise.

Dans le processus de mondialisation de l’économie, on peut parler de division internationale du travail, c’est-à-dire la répartition des différentes spécialisations en les pays. Ceci à permis la montée des échanges dans le monde. Il s’agit, pour ainsi dire, d’échanges de produits de base venant de pays pauvres contre des produits manufacturés exportés par des pays industriels. La nouvelle division internationale du travail augmente d’un niveau. Les pays occidentaux achètent des produits manufacturés au pays en développement et vendent des produits à haute valeur ajoutée, contenant de nouvelles technologies. A noter que les pays développés sont devenus de gros producteurs agricoles. De plus en plus, on peut parler de division internationale des processus productifs car plusieurs pays participent à la fabrication d’un produit. Aussi, on remarque le rôle croissant des firmes multinationales qui ont poussé la libéralisation des échanges car elles sont en réalité le moteur et les bénéficiaires.

Les échanges internationaux concernent essentiellement les flux Nord-Nord, c’est-à-dire, entre pays industrialisés. Ceux-ci engendrent des flux de marchandises, de services, de capitaux et d’humains. Les produits manufacturés sont les mieux quantifiables car visibles en poids et en valeur. Entre les pays du Nord, il s’agit de produits plutôt élaborés. A noter que le poids des pays en développement s’accroît, notamment avec la Chine ou plus généralement les nouveaux pays industrialisés (NPI). Quant aux flux d’informations, ils circulent aussi parmi les pays industrialisés notamment grâce à des agences de presse provenant de ces pays-là (AP, AFP, etc.) Les flux d’informations se sont développés et même instantanéisés grâce à la communication satellite et à Internet. Enfin, en ce qui concerne les flux financiers, il est difficile de les mesurer.

 

Géopolitique

La géopolitique s’intéresse aux espaces nationaux, aux frontières et à leur évolution, mais elle étudie aussi les comportements des habitants des pays, les tendances idéologiques et les structures sociales. Certains éléments d’études de la géopolitique sont plus structurels que d’autres comme la politique des frontières, tandis que d’autres sont plus variables comme le prix des matières premières. On peut aussi mettre en avant la géostratégie qui étudie les rapports entre géographie et stratégie. Enfin la géoéconomie étudie le rapport entre l’espace et l’économie. Si la géopolitique, la géostratégie et la géoéconomie étudient l’espace à leurs domaines respectifs à l’échelle régionale, elles ont aussi une vision planétaire en considérant le globe comme un système.

Le monde d’aujourd’hui, en termes géopolitiques est complexe face à la bipolarité du monde qui marque la guerre froide. Le changement s’est produit progressivement. D’un monde bipolaire (Etats-Unis d’Amérique et ses alliés contre le bloc communiste) on voit apparaître les pays du « Tiers-monde », terme créé par Sauvy en 1952. En 1962, lors de la conférence de Belgrade on voit les non-alignés ne souhaitent pas faire partie d’un des deux blocs : à la division Est-Ouest, on a une coupure Nord-Sud. L’arme atomique a aussi joué un rôle dans les choix géopolitiques des pays.

 

Prospective

La Banque mondiale et les partisans du libéralisme économique soutiennent la thèse que la dérèglementation et l’accroissement des échanges internationaux entraînerait l’intégration de tous les pays du monde dans le système-monde. Effectivement, la mobilité des entreprises multinationales favoriserait la croissance économique globale en diffusant la richesse vers le bas, comprenons les pays « moins avancés ». La participation de tous les pays intensifierait ces échanges et créerait des îlots de plus en plus intégrés dans le processus de mondialisation, chaque pôle créant ainsi une intégration de son arrière-pays par effet de ruissellement. A terme, les différences sociales et humaines disparaîtraient.

 

Acteurs de la mondialisation

Les firmes multinationales jouent un rôle clé dans la mondialisation car elles en sont le moteur et les principales bénéficiaires. Les firmes multinationales sont aussi propulsées par l’idéologie croissante du système libéral qui les maintient actives grâce à la délocalisation : elles forment un maillage souvent indépendant du maillage politique des Etats. Ces entreprises ont un rôle de plus en plus important dans le sens que certaines d’entre elles produisent des chiffres d’affaire plus important que les PNB de certains pays. Les associations de pays, comme l’Union européenne, forment aussi des acteurs essentiels dans la mondialisation.

Les acteurs de la mondialisation peuvent former des réseaux, chemins qui relient les différentes lieux de la planète, lieux qui deviennent des nœuds. Ces réseaux peuvent être physiques ou virtuels comme des chemins de fer ou Internet. Certains lieux sont plus privilégiés que d’autres et forment des réseaux plus « intenses » que les autres. On parle de villes mondiales ou métropoles mondiales de tels nœuds, ou hubs, en anglais, et sont au cœur de la mondialisation. Ces hubs ont des pouvoirs politiques, économiques, financiers et culturels, attirent les populations et les capitaux (par exemple New York). Ils entretiennent des relations si fortes qu’ils peuvent sembler plus proches que certains lieux géographiquement plus proches. L’ensemble des villes mondiales forment l’archipel mégalopolitain mondial. On peut aussi parler de pôles.

 

Contestation

L’altermondialisme, qui s’oppose à la mondialisation libérale, cherche à la réguler afin de la rendre plus équitable. On peut prendre l’exemple des manifestations de Seattle où les manifestants souhaitent un contrôle plus citoyen et démocratique de l’OMC en ce qui concerne le libre-échange. Des associations de personnes en faveur de l’altermondialisme (ONG, partis politiques, syndicats, etc.) se rencontrent autours de forums sociaux mondiaux (FSM), comme à Nairobi en 2007, pour étudier d’autres moyens de mettre en œuvre une « autre mondialisation ». En ce qui concerne la finance en termes de mondialisation, ces mêmes tenants de l’altermondialisme dénoncent une « dictature » des créanciers sur les actionnaires, aboutissant à un développement d’un capitalisme purement actionnarial.

Enfin, suite à la théorie de la prospérité globale, les mouvements altermondialistes défendent la thèse de la fragmentation globale qui stipule que la mondialisation oublie les effets de domination politique de certains espaces sur d’autres. Des territoires n’ont pas la possibilité de s’intégrer au système-monde et que donc cette insertion est forcément sélective et limitée à quelque types d’espaces seulement. Par conséquent, l’aggravation des inégalités est planétaire et on voit apparaître « un archipel de richesses au milieu d’un océan de pauvreté ». La délocalisation au Nord contribue a fragmenter les territoires, tandis qu’au Sud, même si quelques espaces se développement, la pauvreté globale ne sera non seulement pas atténuée mais elle devrait en plus augmenter.


Pour voir plus loin:

- Beaud Pascal, Bourgeat Serge, Bras Catherine, Mondialisation, Système-monde, Dictionnaire de géographie

- Beaud Pascal, Bourgeat Serge, Bras Catherine, Echanges internationaux, Dictionnaire de géographie

- Beaud Pascal, Bourgeat Serge, Bras Catherine, Culture, géographie culturelle, Dictionnaire de géographie

- Beaud Pascal, Bourgeat Serge, Bras Catherine, Géopolitique, Dictionnaire de géographie

- Beaud Pascal, Bourgeat Serge, Bras Catherine Développement, Sud, Dictionnaire de géographie

- Beaud Pascal, Bourgeat Serge, Bras Catherine, Société, géographie sociale, Dictionnaire de géographie