Les limites de la propriété

 


Genèse de l’article

Le concept de propriété nous touche tous car d’une manière ou d’un autre la propriété nous concerne. Nous avons tous quelque chose qui nous appartient. Mais est-ce juste de définir la propriété comme un concept d’appartenance ? Car la propriété met bien en relation un bien, un propriétaire et un tiers. Le travail justifie-t-il l’accaparement ? Quelles sont les relations entre propriétaire et non-propriétaires ? La propriété est-elle synonyme de liberté ? Quels sont les impacts sur l’environnement ? La propriété est-elle viable et a-t-on le droit de détruire la nature par la seule raison que nous sommes propriétaires ?

Ce sont les questions qui arrivent avant réflexion quand on traite de la propriété, particulièrement quand on la traite sous un angle environnementaliste. La propriété est à la fois un concept qui sous-entend un aspect social et environnemental : quel régime aborder pour protéger la nature ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

 

Fondements de la propriété

Les révolutionnaires de 1789, suite à la complexité du système féodal, ont voulu revenir aux principes simples du droit romain. La philosophie des Lumières lui ajoute ce qui engendre le concept de propriété que nous connaissons aujourd’hui c’est-à-dire qu’elle a pour vocation de protéger les individus contre les possibles interférences des autres ou du gouvernement dans leur sphère privée. La propriété a donc pour fonction de protéger l’autonomie des individus. Les personnes doivent être pleinement maîtresses d’elles-mêmes et de leurs possessions, sans pour autant empiéter sur la liberté d’autrui.

Le droit de propriété se compose de différents attributs qui caractérisent la relation entre propriétaire, bien et tiers. Son nombre peut varier selon les économistes ou les philosophes du droit mais le plus classique compte trois attributs : l’usus qui comprend le droit d’usage, d’exclusion et de gestion ; le fructus autorise la perception des fruits, des produits et des bénéfices du bien ; et l’abusus qui est le droit de contrôle sur le devenir du capital : il s’agit du droit de disposer ou de détruire son bien.

En économie institutionnelle on cherche à classifier les régimes de propriété dans le but d’allouer les biens ainsi que de coordonner leurs échanges de la manière la plus efficiente possible, suivant les objectifs d’économie politique poursuivis. La classification classique se fait selon l’exclusivité et la rivalité. On a donc les biens privés, les biens communs, les biens de club et les biens publics. Ceci a permis de corriger certaines confusions ou erreurs, comme la « Tragédie des biens communs » de Garrett Hardin et c’est sur cette base-là qu’Elinor Ostrom et ses collègues ont fondé leurs recherches sur le développement des régimes de propriété.

 

Commons, ou la mise en cause du principe de propriété

Le constat part du principe du droit de voisinage et des conflits qu’il y a entre les voisins. Il s’agit de résoudre les conflits qu’il y a entre les détenteurs de droits de propriété ou de détenteurs de droits similaires. L’idée est qu’un propriétaire, par son activité, engendre une nuisance à son voisin. La réponse ultralibérale à ce problème fut édictée par l’économiste Ronald Coase dans le théorème qui porte son nom. Dans celui-ci, il faut définir clairement les droits de propriété afin de pouvoir négocier l’internalisation des externalités causées par un pollueur, ou celui qui engendre la nuisance.

L’approche en termes de régimes de propriété faite par les économistes institutionnels cherche à dépasser les limites établies par le théorème de Coase, notamment en tenant compte du fait que les coûts de transactions ne peuvent pas être évités dans la vrai vie (car il n’y a pas de concurrence parfaite). Dans la gestion des ressources naturelles, cette approche est centrale car les différentes définitions induisent à des prises de position différenciées. Par exemple, l’économiste Hernando de Soto argumente en faveur de la définition des droits de propriété car l’économie informelle dans les pays du Sud est un frein au développement. Définir les droits de propriété permet aux propriétaires de mettre en gage ce « capital mort » et de contribuer au fonctionnement de l’économie nationale. A l’inverse, d’autres disciplines soulignent les méfaits de la privatisation en ce sens qu’elle apparaît bien souvent comme le problème de la surexploitation des ressources. Pour elles, ainsi que pour de nombreux anthropologues, la propriété commune peut parfaitement assurer la pérennité d’un pool de ressources car il n’y a pas de tolérances quant à la destruction de ce capital. En effet, cela rendrait impossible la transmission aux générations futures d’ayants droit.

La propriété n’est pas le concept sur lequel repose le capitalisme ? Si l’on suppose que le capitalisme est un vecteur de destruction de la nature, il existe cependant un régime, et c’est le régime des communs, qui peut être une des solutions à cette destruction grâce à la transition écologique. Notamment, il s’agit de rester ouvert à toute typologie de régime acteur dans celui-ci – en particulier aux entreprises capitalistes. Il s’agit en fait de faire fonctionner l’économie de manière circulaire ou le maximum de déchets peut être la ressource d’une autre entité. Cela viserait à la diminution d’énergies d’origine fossile et à un usage plus maîtrisé des ressources naturelles tout en privilégiant la coopération à la compétition.

Enfin, celles et ceux qui ont eu connaissance de « The tragedy of the commons » savent que la fable du biologiste Garrett Hardin est erronée dans son intitulé (ce qu’il a reconnu à demi-mot par unmanaged commons). Il ne s’agit pas tant de la « tragédie des biens en commun » que de la « tragédie des biens en libre accès » qu’Hardin décrit. Ce qu’on appelle les commons sont initialement les « communaux » ou les pâturages régis collectivement sous des règles et des sanctions prédéfinies par les usagers. C’est sur cette base qu’Elinor Ostrom et ses collègues ont développé leurs recherches sur l’efficiences des modes de gestion communautaires et sur l’organisation des régimes de propriétés communes. Ainsi, selon leur modèle, les régimes de biens sont fondés sur quatre critères : 1. L’identité des détenteurs des titres de propriété ; 2. L’organisation de l’exclusion ; 3. L’identité des responsables du contrôle de l’accès ; 4. Les acteurs habilités à participer aux processus de décision au sein du régime. Ceci a permit de distinguer les régimes de libre accès et de propriété commune, ce qui était à l’origine l’erreur de Hardin dans la « Tragédie des communs ».

 

Devoirs, ou la limitation du contenu de la propriété

Pour les tenants de cette Ecole de pensée, il s’agit là de restreindre la marge d’action du propriétaire privé et d’en retirer ce qui est susceptible de nuire à l’environnement. C’est une pilule difficile à faire passer pour les tenants de la pensée libérale.

Plutôt que de contraindre, il s’agit de rappeler aux propriétaires que leurs droits sont aussi assortis de devoirs. A ce titre, ils auraient le devoir « de limiter les usages du sol de telle sorte à promouvoir le bien commun » (Freyfogle, 2006, p. 117). Ici la propriété n’est pas remise en cause mais elle est sensée être limitée. Généralement, il s’agit de faire intervenir l’Etat dans la gestion de l’environnement par des politiques publiques. Par exemple, le zonage a permit de limiter la marge de manœuvre des propriétaires en termes de constructions. Aussi, dans la seconde moitié du XXème on a vu la mise en place de nombreuses politiques publiques en faveur de la protection du milieu naturel.

La conséquence de la limitation à la marche de manœuvre des propriétés privées se voit sur la liberté qu’elle engendre sur l’espace public. En effet, une limitation ou une restriction de la liberté du propriétaire conduit à une augmentation de la liberté des non-propriétaires.

 

Enjeux

Comment va évoluer le concept de propriété dans les années à venir ? Cette question présuppose que l’évolution dépend du régime politique des sociétés. Mais si on pense que les externalités sont engendrées sur plusieurs domaines propriétaires, le problème ne viendrait-il pas à se complexifier d’autant qu’il devient difficile de définir qui sont les propriétaires et qui sont les personnes qui engendrent la pollution dans l’espace public ou privé ? La propriété ne deviendrait-elle pas obsolète vu sous cet angle-là ? Comment remédier au problème de pollution de manière libérale ou étatiste ? Peut-on donc définir les droits de propriétés et négocier sur la santé des personnes ? Ou bien comment peut-on taxer les responsables ? ne faudrait-il pas repenser le problème comme un problématique commune ? la pollution ne serait-il plus un problème individuel mais collectif ?


Pour voir plus loin:

- Nahrath Stéphane, Bien Commun, Dictionnaire de la pensée écologique

- Gerber Jean-David, Propriété, Dictionnaire de la pensée écologique

- Vivien Franck-Dominique, Tragédie des biens communs, Dictionnaire de la pensée écologique

"Guayaquil" de Jorge Luis Borges


Historique

Guayaquil est une ville de l’actuel Equateur où se sont rencontrés les deux libérateurs de l’Amérique Latine lors des guerres d’indépendances face à la couronne espagnole. Il s’agit des personnes de Simón Bolívar et de José de San Martín. Les deux leaders se sont rejoints pour décider de l’avenir du continent, une fois avoir chacun libéré le nord et le sud respectivement. L’épisode est, on peut le dire, énigmatique car personne ne sait quelle a été la substance des dialogues entre les deux leaders et pour quelles raisons Bolívar les considéré comme le Libertador et pourquoi il a pris les crédits de la libération du continent.

 

Commentaire

Jorge Luis Borges ne veut pas retracer ce qui s’est passé pendant la réunion entre les deux leaders. En revanche, il met en scène deux protagonistes qui vont décider qui d’entre eux récoltera la gloire en apportant les notes écrites par Simón Bolívar lui-même sur le réel déroulement de l’entrevue. L’issue de la fiction semble toutefois vouloir évoquer la réalité historique.

Le narrateur, celui qui semble être le plus enclin à recevoir les honneurs par son parcours académique, se fait cependant retirer la mission par une personne moins prestigieuse que lui. Sans vouloir parler du style de Borges on devine facilement le ton condescendant du vainqueur. De plus, il provient d’un milieu défavorisé d’un pays non-Latino-américain et est un inconnu du public académique en Histoire et est un historien d’une université de province.

 Le narrateur semble être celui qui a la carrure à remplir la mission pour laquelle les deux protagonistes sont nominés. Rien qu’au premier abord le narrateur est supérieur à Zimerman : il est plus grand que lui et il s’en vante éhonté. Puis suit la liste de ses mérites : le narrateur a dans le sang les anciennes batailles d’indépendances. Autrement dit, ses ancêtres se sont battus pour l’indépendance de l’Amérique Latine. Le narrateur est supérieur à Zimmermann à tous points de vus : Il a le background et son histoire familiale.

La raison pour laquelle Zimerman « gagne le duel » contre le narrateur est la volonté et c’est le point le plus intéressant. Dans ce contexte, on a donc, à première vue, deux duels parallèles : celui de Simón Bolívar et de José de San Martín, et celui du narrateur et de Zimerman. On ne connait pas les raisons réelles pour lesquelles San Martín laisse le champ libre à Bolívar. Il est possible que Borges veuille garder une certaine prudence lors de l’écriture de son récit. En revanche, est ceci est compréhensible seulement à la fin de la nouvelle, la volonté guide les choix des deux protagonistes de la nouvelle : le narrateur a la volonté de mourir dans sa maison remplie d’histoire tandis que celle de Zimerman est de retranscrire les lettres de Bolívar. De plus, le fait que le narrateur signe le document attestant qu’il ne retranscrira pas ses lettres découle de sa propre volonté.

 

Conclusion

La nouvelle est en fait remplie de parallèles. Non seulement l’entrevue semble évoquer celle entre San Martín et Bolívar mais il y a aussi des parallèles plus subtils. Elle se termine, en effet, sur une référence à Schopenhauer, un philosophe allemand. Celui-ci dit qu’aucun acte est involontaire. Il fait en fait référence à l’érudition du narrateur lui ayant raconté des anecdotes sur la victoire à un jeu d’échec en parallèle à une bataille entre les armées des deux rois joueurs. L’un gagne le jeu et on lui annonce qu’il a gagné la bataille. Zimerman se réfère à une cause magique. Le narrateur lui rétorque que c’est dû à la volonté. Si le narrateur veut naître et mourir dans sa maison c’est qu’il a cette volonté, ce que lui dit Zimerman. S’il a perdu c’est à cause de la volonté de Zimerman. « Son siège est fait ».

Libre-échange, écologie et consommation locale

Quant au futur du libre-échange…: Chambre de Commerce

Qu’avait-on à faire du changement climatique au temps de Ricardo (1772-1823) alors qu’Arrhenuis (1859-1927) n’existait pas encore et qui aura étudié les effets du dioxyde de carbone sur l’atmosphère ? S’il est vrai que les impacts de l’homme sur l’environnement ne datent pas de la révolution industrielle, son étude remonte au XXème siècle avec le chimiste susmentionné. Mais le libre-échange lui date de cette époque et est influencée par les pensées d’Adam Smith et de David Ricardo. Le CO2 a commencé à augmenter au XIXème.

Mais, dira-t-on, peut-on comparer le libre-échange du XIXème siècle comparé à celui du XXIème siècle ? Quel était le taux de pollution au XIXème siècle ? Si nous nous référons à la courbe exponentielle des rejets de CO2, c’est à ce moment-là qu’elle augmente. Consommation de charbon dans les usines en ville, dans les machines à vapeur et augmentation de la population, semble être un bon cocktail pour ce qu’on appellera une bombe à retardement. Quel rapport avec le libre-échange ? Celui-ci commençait à prendre de l’empleur.

Si nous nous référons maintenant au libre-échange contemporain, qu’est-ce qui a changé ? Les pays se comptent par centaines et les produits par millions, et les modes de production, de transport et de consommation ont augmenté. De même que la population par rapport au XIXème siècle. Qu’est-ce qui n’a pas changé ? Le modèle pour l’Organisation Mondiale du Commerce, organisation dont la plupart des pays font partie, est toujours celui proposé par Ricardo sur les avantages comparatifs. C’est celui qui est utilisé pour le commerce international. Le libre-échange, encouragé par l’organisation, aide le plus possible à appliquer ce modèle.

Si nous passons outre que le modèle n’a pas changé depuis la création du GATT et qu’il va continuer à être le credo pendant une période indéterminée, les conséquences du libre-échange seraient doubles. Premièrement, d’après les modèles économiques, bien que le libre-échange serait générateur de richesses, nous assistons à une augmentation des inégalités dans les pays. Les détenteurs de capitaux dans les pays à forte intensité de capitaux s’enrichissent au détriment des travailleurs. Deuxièmement, on assiste à une augmentation de la pollution dû au transport de marchandises. Sans parler des chaînes d’approvisionnement (anglais : supply chains), si la quantité de marchandises augmente, les transports de marchandise qui ont suivi la tendance et se sont diversifiés, rejetant tous de plus en plus de produits carbonés et ainsi que d’autre polluants (dégazage, par exemple). Il est vrai d’affirmer que le secteur des transports est le premier pollueur.

Mais la pollution ne vient pas seulement du transport de marchandises. Il faut aussi parler de la production des biens qui sont destinés à l’exportation. Si on prend l’exemple des organismes génétiquement modifiés dont les entreprises multinationales vivent grâce au commerce international et au libre-échange, les impacts sur la faune et la flore est redoutable. Sans parler de la coupe sauvage de bois qui se fait dans les forêts tropicales et équatoriales dans le but d’agrandir toujours plus les parcelles à exploiter.

La production de biens est malheureusement dictée par la demande, par le biais du marché, ce qui est le principe du libre-échange. Pour diminuer son impact sur l’environnement, il est possible de voir trois voies : trouver un économie écologique dominante, mais cela risque de prendre du temps face à l’urgence climatique ; faire du protectionnisme en faisant intervenir l’État afin qu’il soulève des barrières au commerce international ; enfin, que le marché veuille consommer de manière locale.

Consommer localement briserait les chaînes d’approvisionnement mondiales, même nationales pour certains grands pays, si on suppose que le monde suive cette tendance. D’autre part, si on suppose qu’un produit est fabriqué localement, c’est que ses composant le sont aussi. Par conséquent, on peut supposer qu’une entreprise fabrique entièrement le produit, de ses composant à son montage. Il est aussi possible de supposer qu’une chaîne d’approvisionnement serait construite localement par des fabricants de pièces afin qu’une entreprise en bout de chaîne vende le produit fabriqué en amont. On aurait donc une intégration verticale ou une chaîne d’approvisionnement locale.

Mais que faire si un produit nécessaire ne se trouve pas « localement » ? Faut-il toujours abolir le libre-échange ? Comment procéder au commerce international de ce produit rare ?

From the jungle to the ballots: an overview of guerrilleros turned politicians

La lucha antiimperialista de Farabundo Martí - EntornoInteligente

In Latin America, some political parties and former guerrilla movements have been able to positively take roots in their respective country while other still struggle to have a respectable place within their own. This is the case particularly for the FARC, for instance. On the other hand, the FMLN and the FSLN are well accepted as political parties and are respected in the political arena. Indeed, these parties won elections in their respective countries. Typically, the FMLN produced a president in 2009, with the election of Mauricio Funes. But why has the FARC difficulties to be accepted by the Colombian society? Is its legacy not valuable anymore? Has the Colombian conflict lasted for too many years? Did its strategy tire the population?

 

Similarities and differences

There are three important political parties in Latin America that are coming from former guerrilla movements. Historically, the most known but maybe forgotten in the world today is the Nicaraguan Frente Sandinista de Liberación Nacional, or FSLN. The others are the Frente Farabundo Martí de Liberación Nacional in El Salvador, or FMLN, and the well-known nowadays Fuerza Alternativa Revolucionaria del Común or formerly Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia, known as FARC in Colombia.

Besides the fact that they were former guerrilla movements, there are similarities and differences regarding their rise to power in their respective countries. There are two possibilities. Either by forces of circumstances, or by the conclusion of peace treaties. The first case concerns the FSLN, and the second case, the FMLN and the FARC. Indeed, circumstances have made that the FSLN came to power by overthrowing the dictator Anastasio Somoza Debayle. In El Salvador and Colombia, peace treaties arose from the fact that it was impossible end a conflict that lasted for a long time.

Moreover, the three guerrillas stem from ideologies that were nurtured by inequalities in their countries. Each claim to belong to a communist wing because their countries were in a situation of extremely inequal distribution of wealth, that is, in land, resources, and income. This is particularly the case in El Salvador and in Colombia.

In El Salvador and in Colombia the distribution of the resources was absolutely inequal. In El Salvador, 10% of the population possessed 80% of the country’s wealth. This was approximately the same in Colombia. The consequences were that it created tensions within the border of the countries. In Colombia, farmers created a powerful movement whose claim was to reform the society under a communist model. The result was the dislocation of various haciendas in different parts of the country and whose actions were brutally condemned the terratenientes: 15,000 farmers where murdered between 1945 and 1948. However, the political system was a democracy. Typically, in 1948, Jorge Eliécer Gaitán, a potential left-wing president has been murdered, nobody knows by whom.

This was not the case of El Salvador and Nicaragua. In El Salvador, the political system was a dictatorship that lasted from the 1930s. The society was inequal and the opposition was strongly controlled. Given the inequalities, an indigenous and farmer rise has been brutally repressed: there were close to 30,000 deaths among them. The 1970s saw the first organized left-wing movements with the creation of the Fuerzas Populares de Liberación Farabundo Martí (FPL). In Nicaragua, the FSLN succeeded in overthrowing the dynastical dictatorship of the Somoza Family.

Acceptance and not

The condition of living under the dictatorships both in Nicaragua and El Salvador was calamitous. There was a poor alphabetisation rate, tyranny and repression. Begin with Nicaragua. The most notorious crime committed by Somoza García was the murder of the general Augusto César Sandino who was a revolutionary leader in the country. Anastasio Somoza García took the power in 1937. The general Sandino has been murdered before he arrived at power when taken in prison. Apparently, this has been ordered by the American ambassador at the time. This is the origin of the movement’s name taken by the revolutionary movement forty years later. Exactions happened quite a lot in the Somoza’s regimes and the Sandino’s case was no exception. To keep its power, the regime built more and more prisons to put opponents in there as the opposition increased. The symbol of the regime’s oppression on population was the Guardia Nacional, the national guard. It became, with the years, the family’s personal protection corps who terrorised the population. After overthrowing the Somoza dynasty, the FSLN came with a program which, under the conditions of living, was well seductive. Between others there was an agrarian revolution, women emancipation and suppression of the national guard.

The case of El Salvador was quite the same. Strongmen were in power starting from the 1930s and keep the resources for themselves. 2% of the population received the revenues from almost all the lands. We have to know that the majority of the revenues of the country came from the cultivation of coffee. When the price of coffee in the markets dropped, the remaining of the farmers (who made the majority of the population) cultivating this Cash Crop rose and this uprising has been brutally repressed and has been known as La Matanza, the “Slaughter”. This is an example of the situation that took place in El Salvador which helped the birth of leftist movements in the country. Another example was the election in 1972 which was mined with fraud for the benefit of the military-backed Partido de Concertación Nacional. In the continuity different protestations were brutally repressed like the one on 28 February 1977, after the fraudulent victory of the President Molina. The armed forces opened fire and killed between 200 and 1500 people. These kinds of events gave rise to a civil war between the governments and the FMLN until 1992 where a peace accord was signed between both parties. Then, the FMLN has been accepted as a political party.

On another side, the origins of the FARC in Colombia seemed legitimate. The division of resources and income where absolutely inequal, like in El Salvador. However, Colombia did not suffer any dictatorship at the time, but the situation gave rise to social tensions. So why is the FARC not well accepted nowadays? We can say that the organisation within the movements was not likeable in the mind of the public opinion. Indeed, they recruited minors of age, smuggled hard drugs, killed civilians, raped women and kidnapped people. Because of that, the movement has been named as a terrorist group by the United States and the European Union. Moreover, the duration of the conflicts made that the public is now fed up. It is true that it has lasted for more than fifty years.

 

Conclusion

We have seen that the acceptance was made in El Salvador and in Nicaragua but not totally in Colombia. It is true that the conflict in the latter has blazed the population by its length and its organisation. But the conflicts in El Salvador and Nicaragua was made in another context: dictatorship for the national side, and Cold War in the international side. The latter side has maybe avoided a certain type of funding: The USSR sent arms and support to the guerrilleros and not in the case of the FARC who were to fund themselves.


When images tell more than words

La nostalgie très française pour la Révolution | Slate.fr

Images play an important role in mass communication. When reading the newspapers, readers first look at the images before reading the whole text. Sometimes they even skip reading. Images in mass communication tell more than a thousand words as the expression says. This is actually true. Some newspapers rely more on images than on text to express their content and some rely only on them, as it is their sole topic. It is true that newspapers rely a lot on photography and drawings to give an overview of what they want to say. Indeed, we see in today’s newspapers a lot of images of all sorts: photography, cartoons with short captions, and advertising.
Digital in mass communication nowadays is the key word. It is everywhere: from the type of camera to the data use by social media to generate content. It shows how images can be powerful in front of the large public in order to spread ideas, advertisements, or content. As images come from a broad range of sources, here I chose three source of images leading to mass communication, which I think are the most important in today’s world: posters, photography, and screens.

Posters
Because of the generalisation of social media, one could be led to think that posters are not effective anymore in its role in mass communication. Moreover, it seems that advertising has taken the lead in facing mass communication. However, posters are more effective than ever in generating audience because it is able to communicate to a large one at the same time, and it started a long time ago.
Indeed, in the 19th century, posters were simple sheets of paper containing a few colours. The process with which they were made was called lithography. Such posters contained enough colours – generally three – to be able attract the eyes of a large range of people. The master of lithography was Jules Chéret and he did not break the rules of the colours: he used mostly the blue, yellow and red in his production. His posters not only caught the eye of the public but also created a new wave of protestation: the liberation of women, which he painted as “free-spirited”. Some called him the father of women liberation. Some thought that he painted prostitutes but actually he painted what we could call “Chérettes” which were the exact opposites of prostitutes. Thanks to Chéret’s posters women were able to do things that were taboo before, like smoking in public.
The art of posters evolved throughout the decades with Art Nouveau, particularly in France, which was led by Toulouse-Leclerc (see La Goulue for the Moulin Rouge). But in the wake of World War I, posters began to become political and there were a new function for posters: propaganda. The role was to recruit as many soldiers as possible. In the United States 2,500 posters were designed and 20 million were produced in a little more than two years. The Bolsheviks also used posters as a medium of propaganda during the revolution.
Nowadays, posters have different roles and serve as well as a first and second ways of media in mass communication: in front of you (in the streets) and through screens. The use of posters is broadly for advertising products or services for private companies, but also for propaganda, or better said political campaigns. Their conception has become more complex than before since different arts are involved in them: photography, CAD, and design, which are combined thanks to technology that is more affordable than ever. The role in each case is still the same, that is, attract people to their own cause.

Photography
From the dead body of Che Guevara in Bolivia to Barak Obama in the White House during the chase of Osama Bin Laden, photography has never been important in mass communication during the 20th and 21st century. But what is the difference between the pictures of Che Guevara’s death and these of Osama Bin Laden’s? The former pictures have been shown to the world while the latter have been occulted. As a consequence, Che Guevara has been raised to a legend (maybe to a martyr) while Bin Laden has almost been forgotten.
Photography can have a real impact on society as this example illustrates. Then I repeat: an image is worth a thousand words. Indeed, while written texts need to be translated, an image has something that is universal in language and in emotions. The whole world understood the man in front of the tanks in Tiananmen Square. Photography can also engage the viewer in his or her emotions. Everybody was overwhelmed when they saw the child (“Alyan”) lying dead on a beach in Turkey. The response has been that during the Syrian war, some governments took migrants into their countries.

Comics and cinema
Americans are the best in communicating via cinema, and formerly with comics. Even if comics have given birth to the superheroes of today’s movies those ones are seen by millions of people worldwide and Hollywood is the epicentre of that phenomenon. But it seems that American blockbusters are telling something that is not entirely true about the power of the nation.
So, are American superheroes a way of creating propaganda? This has never been said but if we dig a little there may be elements of truth in that question. All began with comics in 1938 when Superman appeared with his red cape and his blue suit. The United States (and the world) faced an economic crisis and the rise of totalitarian regimes. Americans needed to gain confidence by seeing their favourite characters winning alone the wars against supervillains. We saw Superman delivering Hitler to the League of Nations while Captain America, whose suit evoke the American flag, knocked Hitler himself. But superheroes also have a human face. They actually face realistic problems like next of kin’s drug addiction, sickness, political manipulation, racism, sectarianism, pollution, overpopulation and famine. Superman has to deal with Ku Klux Klan and the X-men support gay marriage by “giving their vote” to Barack Obama.
This way of communicating through entertainment at the worldwide scale is part of what we call soft power because it does not impose any power by force. All the American culture is spread worldwide because everyone wants it. By watching those movies or by reading those comics there is one American arm that is sowed in each continent while the head of the octopus still gets away in the New Continent.

Conclusion
Images are easier to absorb than texts. That is why comics are used to teach reading. But the easiness gives the viewer no more imagination than texts do in the sense that we see what is given to you. The image given by the photographer to the public is objective, the text less. Texts give fruit to imagination. This is why I think that good newspapers give abstract pieces of images and rely more on texts than those who bombard us with images and give few description and poor analysis. I think good journalism is the one that creates an atmosphere thanks to its texts by telling a thrilling story.

Croissance économique et contestations

L'Argent – John Kenneth Galbraith
Qu’est-ce que la chrématistique et qu’est-ce que le mythe prométhéen du progrès ? La notion de chrématistique vient du philosophe Aristote qui la définit comme une acquisition de richesses. Elle peut être bonne ou mauvaise. Dans le premier cas, il s’agit d’acquérir des biens pour subvenir aux besoins essentiels de famille par le chef de famille. Il parle alors « d’un art naturel d’acquérir ». Il ajoute que la quantité nécessaire de ces biens est limitée car les besoins humains sont limités. Dans le deuxième cas, on ne parle plus d’acquérir des biens pour le bon-vivre mais simplement l’acquisition de richesses de manière illimitée. C’est cette dernière qu’on retiendra pour cette discution.
Le mythe de Prométhée, quant à lui, raconte que, pour améliorer la vie des humains, il leur donna le feu qu’il avait volé aux dieux. Pour le punir, Zeus, roi des dieux, l’enchaîna au sommet d’une montagne et lui fit dévorer le foie tous les jours par un vautour. Prométhée représenterait donc le développement du progrès technique.

La théorie économique qui prévalait jusqu’aux années 1970 était celle des néo-classiques ou capitalistes. La préoccupation était la croissance, qui alors, était considérée comme une vertu car elle procurait le bien-être de la population qui elle-même par son bien-être promouvait la croissance économique par (une augmentation) du capital humain. Le capitalisme encourage la consommation, qui est la dernière étape de la croissance économique selon Rostow. En effet, dans l’analyse de Rostow, cinq étapes interviennent dans la croissance économique (de la société traditionnelle immuable vers la société moderne), la dernière étant la consommation de masse. Pour satisfaire la populaition, la croissance doit être illimitée et le capital en augmentation. En plus de cela, pour soutenir cette croissance, la population doit augmenter. On a donc un système de soutien de croissance économique-démographique.
Le progrès technique est aussi une composante de la pensée capitaliste. Il doit être soutenu et utile pour l’humanité. Dans une approche durabiliste, le progrès technique est nécéssaire car il permet de se substituer à du capital naturel. En effet, les durabilistes faibles, qui ont une approche anthropocentrée, pensent que le capital naturel et le capital construit doivent former une constante, c’est-à-dire, que la somme du capital naturel et du capital construit doit être égale à une constante en termes mathématiques. Reste à définir la constante nécessaire et à quelle échelle elle doit être imposée.
Enfin, l’idée de développement est soutenue par les néoclassiques et les durabilistes faibles qui voient, dans cette optique, un développement qui permet la croissance. La différence réside dans la manière de gérer les ressources naturelles. Les néoclassiques ont une approche linéaire de gérer les ressources, c’est-à-dire, que le cheminement d’une resource va de l’extraction à la poubelle. Les durabilliste faibles ont une idéologie d’économie circulaire et rejettent l’idée du jetable. De plus, dans un processus de production, ils intègrent le capital naturel dans ce processus dans le but d’internaliser d’éventuels atteintes à l’environnement.

Contestations
Nous avons donc vu que les idées exposées précédemment étaient orientées « croissance ». Ce que dénoncent les décroissants avant tout, est l’idée de croissance illimitée qui, selon eux, est destructeur pour l’humanité. Leur argument se fonde principalement sur la préservation et la protection de la nature de laquelle il est possible de tirer les ressources. Mais dans un but de décroissance économique, ils prônent la suffisance, la retenue, la « simplicité volontaire ». Les capitalistes voient la croissance économique comme une richesse tandis que pour les décroissants, la richesse est dans la suffisance.

L’idée des décroissants est de freiner la production dans un but de bien-être social. Galbraith, par exemple, s’en prend aux grandes firmes dont la technostructure a pour but de maximiser la production et donc d’encourager la consommation (de masse). Leur stratégie se fonde dans la publicité qui, au lieu de mettre a disposition leurs produits dans une optique de combler la demande, elle crée artificiellement de faux besoins pour créer une demande qui achètera automatiquement ce qu’elle offre. On parle ici de filière inversée. Selon la logique décroissante, ces firmes ne créent pas du bien-être mais assujettissent les gens à la dépendance.

D’un point de vue de la dépendance, Jacques Ellul avait un regard critique sur la technique ou plutôt sur la technicité du monde d’aujourd’hui. Il ne parle pas seulement de technologie mais d’un tout où la technique est présente dans un but d’efficacité. Face aux progrès techniques que les capitalistes soutiennent, Ellul est assez virulent à l’encontre de ce type de croissance. En effet, il dit que la technique retire toute créativité, artificialise le monde, s’universalise et fonctionne de manière autonome ce qui rend l’homme dépendant et donc va à l’encontre de la pensée décroissante.
Enfin, les décroissants ne soutiennent pas l’idéologie de développement et en particulier de développement durable. En effet, le mot développement, dans une optique durabiliste, va à l’encontre de la pensée décroissante car l’idée implique une pression sur les ressources. On peut dire que Paul Ehrlich va à l’encontre de cette idée car pour lui la croissance démographique a un impact négatif sur l’environnement et qu’elle est liée à l’augmentation de la consommation des ressources.
Les décroissants émettent quelques solutions. André Gorz et Serge Latouche envisagent une circulation locale des biens et prônent la saisonnalité. Mais Latouche va plus loin. Il parle, avec précaution, de refondre la société pour instaurer un système décroissant, une démocratie écologique. Il pense qu’une confédération de petites unités communales de quelques dizaines de miliers d’habitants maximum serait efficace et enlèverait le côté « prise de pouvoir » à l’avantage d’une gestion collective de la communauté. Economiquement, il démantèlerait les grosses firmes pour que la production se fasse par des petites entreprises spécialisées et qui seraient liées dans un processus de production. Finalement, il envisage une économie locale.

Du libéralisme au nationalisme : une histoire latinoaméricaine des années 30

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Préliminaires

Pendant les guerres d’indépendances d’Amérique latine contre l’Espagne, les caudillos ont été inspirés par les idées des Lumières venues d’Europe : la démocratie et le libéralisme ont été le moteur de la modernisation dans la région. Dans l’idée, il a fallu quarante à cinquante ans pour substituer l’ordre conservateur catholique espagnol et venir à bout de ces idées comme moteur d’orientation.
La politique ayant changé, les systèmes économiques sont restés tels qu’ils étaient, c’est-à-dire, vers une économie tournée vers l’exportation. Les privilèges sont restés les mêmes et la société a peu bougé, ce qui fait qu’en conséquence, les républiques étaient dirigées par des oligarchies libérales, dépendantes des facteurs extérieurs. Cela a fonctionné pendant un certain temps mais déjà au début du XXème siècle, les idées libérales ont commencé à se briser.

Réactions

Dans les années 30 le libéralisme était discrédité dans les cercles d'intellectuels mais aucune idéologie n’était capable de s’y substituer. La conséquence fut qu’il y eut une instabilité politique dans les républiques latinoaméricaines et rien ne pouvait permettre aux Etats de construire leurs fondations sur des bases stables pour inscrire leur autorité.
Cependant, malgré la multitudes d’idéologies en compétition pour combler le vide de la mort du libéralisme, il y avait des points sur lesquels elles s’accordaient : la substitution de l’individualisme par une communauté socialement intégrée sous la direction de l’Etat ; la nécessité de récupérer les ressources naturelles du continent des mains étrangères ; et le rejet de l’attitude matérialiste et utilitaire favorisées par le capitalisme, en faveur d’une culture nationale authentique, basée sur des valeurs humaines et spirituelles.
Les classes urbaines ont utilisé le nationalisme comme arme contre les oligarchies établies, qui étaient en faveur des propriétaires terriens et des capitalistes étrangers. En effet, ceux-ci étaient considérés comme des ennemis dans le sens où ils étaient responsables du chômage et de l’inflation généralisée. Comme cela, les nationalistes, de gauche comme de droite, prônaient la division des terres et la nationalisation des entreprises pétrolières et minières.
Dans les pays à forte population indienne, l’antilibéralisme a acquis un caractère plus original : les populations voulaient récupérer les cultures traditionnelles des communautés indiennes, qu’on soit de gauche ou de droite. Les idées étaient corporatistes et autoritaires. Le point de départ fut la Révolution mexicaine dans les années 1910. En particulier, les paysans indigènes zapatistes voulant récupérer leurs terres ancestrales. Cette révolution fut le début d’un mouvement protestataire pour le droit des indiens dans toute l’Amérique latine.

Révolutions

Nul part les politiciens nationalistes ont eu la force suffisante pour atteindre le pouvoir par les urnes car les partis libéraux exerçaient un control rigoureux sur les processus électoraux, notamment par le clientélisme de leurs réseaux, surtout dans les zones rurales. Les révolutions se sont faites par la force, avec en tête l’armée.
Le Chili fut le premier pays à expérimenter une révolution nationaliste avec l’aide de l’armée. Un coup d’Etat eut lieu en 1924 et une dictature fasciste fut instaurée sous la présidence de Carlos Ibáñez. Il fut cependant destitué en 1931, dû à la dépression mondiale. Un autre coup d’Etat eut lieu, organisée par Marmaduke Grove et organisa une brève république socialiste.
En Argentine, il y eut un coup d’Etat en 1930 mais les responsables ne s’accordaient pas sur quelle politique mener. Il y eut un deuxième coup d’Etat en 1943 qui, trois ans après, instaura Juan Domingo Perón pour une politique d’Etat corporatiste.
Au Brésil, en 1930, l’armée donna le pouvoir à Getúlio Vargas qui construisit un « Etat nouveau » avec les caractéristiques d’un Etat corporatiste fasciste.

Le nationalisme économique

Le prix des biens d’exportations dépendait trop de la demande extérieure et leur valeur diminuaient et tendaient vers cette tendance à long terme. Cette tendance rendait l’Amérique latine vulnérable aux baisses du commerce international, en particulier quand les besoins diminueraient brusquement et ceci engendrerait des difficultés à importer des biens de l’extérieur. En somme, les nationalistes comprirent à quel point les politiques des libéraux dépendaient des décisions politiques externes.
En réaction à cette politique très dépendante, ainsi que pour contrer d’éventuels récessions mondiales, les nationalistes ont voulu développer l'industrie de manufacture intérieure dans le but d’être plus autosuffisants en temps de difficultés. Les républiques ont organisé une planification de l’industrialisation de leur pays même si, dans les pays les plus importants, il existait déjà une industrie légère. Cependant elle n’était qu’un auxiliaire à l’économie d’exportation. Le but, donc, était d’arriver, à terme, à des souverainetés nationales par autosuffisance industrielle où il y aurait de tout.
La deuxième Guerre Mondiale fut décisive pour les industries argentines et brésiliennes. En effet, les armées de ces deux pays étaient très rivales et l’imminence d’une guerre en Europe a fait que les hauts commandements de ces deux pays décidèrent de créer une industrie d’armement. Mais pour faire fonctionner une industrie d’armement il fallait des sidérurgies et de fabriques de machines électriques. De plus, alors que la Guerre éclate, la demande en matières premières explosa et enrichit l’Amérique latine, ce qui permit de payer les dettes et d’investir dans l’industrialisation.

Malgré la Guerre et les aides extérieures (notamment celle des États-Unis d’Amérique), la politique d’industrialisation en soi fut la conséquence du nationalisme dont l’évolution commençait au début du XXème siècle et qui s’est intensifiée dans les années 1920 et 1930.

Un « slowdown » économique est bon dans les pays riches

Entre 1950 et 2000 le PIB par tête a crû de 2.3% aux Etats-Unis, tandis qu’entre 2000 et 2018 la tendance fut deux fois moins importante. Cette tendance – aussi présente dans d’autre pays riches – montre en général que les politiques économiques ont échoué et qu’il faut dynamiser l’économie (capitaliste). Or, pour Dietrich Vollrath, de l’Université de Houston, ce « slowdown » est un signe que l’économie est en bonne santé.

Dans le courant du XXème siècle les avancées économiques étaient dues au capital humain, c’est-à-dire, la taille et les compétences de la force de travail. En entre 1919 et 1970 on est passé d’un dixième à quatre cinquièmes de diplômés. De nos jours, il y en a encore plus. Le Baby Boom dès 1945 et le travail des femmes dans les années 1970 et 1980 ont augmenté la force de travail. Ceci a fait augmenter le PIB d’un point chaque année jusqu’en 2000. Depuis lors, le capital humain a diminué, ce qui a réduit le PIB de 0.2 points chaque année.

Alors pour quelles raisons le capital humain s’est-il contracté ? Pour Dietrich Vollrath, il y a deux principales raisons. La première est que la force de travail d’alors a vieilli et qu’est à la retraite. La deuxième est que le niveau d’éducation a stagné et il y a moins de personnes pour remplacer les moins éduqués.

De plus Vollrath ajoute que ces tendances sont liées a de bonnes choses: les femmes souhaitent avoir moins d’enfants, ce qui reflète le fait qu’elles sont plus riches et qu’elles veulent avoir un contrôle sur leur fertilité.

Cependant, le capital physique ou humain n’expliquent pas entièrement le slowdown. Le reste de l’explication vient de ce que les économistes nomment en anglais « total factor productivity », TFP. On pense que les avancées technologiques sont à sec d’où un baisse de TFP, mais ce qu’il se passe, c’est que les activités économiques ont migrés vers des économies de services où les gains en productivité sont plus difficiles à atteindre. Malgré le fait que cela engendre un slowdown, le fait est que c’est un bon signe car les personnes consomment plus de services lorsqu’elles sont plus riches.

Aussi, on peut penser que le pouvoir de certaines entreprises sur certains marchés empêche les investissements. Vollrath n’est pas convaincu et pense qu’il a boosté la productivité.


Le titre original de l’article est « Slower is better ». Ce n’est pas très juste car cela implique qu’une baisse de la croissance est une bonne chose mais cela porte un autre signification : qu’il faut décroître, ou a-croître pour que ça soit mieux, d’où la nuance. Or d’après l’article c’est parce que c’est mieux qu’il y a un baisse de croissance.

Source: 2018, Slower is better, The Economist, January 25th-31st 2020, Vol. 434, N° 9178, pp.61-62